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Ramasse tes dieux

Ramasse tes dieux

En January 2014
C'était l’hiver
Ref

Yaoyorozu no kami. Le Shintoïsme possède huit millions de dieux (un nombre infini de dieux). Ces dieux sont la rivière, le vent et le cerf. Ils sont une chose commune, une chose des grands chemins. Ils sont la terre qui apaise et le campement de la montagne. Ils sont l'enfance sacrée, la maison et les grands paysages. Nous les partageons tous, en eux habite un regard éveillé.

S'il arrive que leur clarté nous échappe, c'est que les mois se sont pelotonnés dans les mois. La vie devient dure. Souvent, non sans avidité, nous nous approprions leurs bienfaits. Séculaires, dans l’ombre, ils attendent pourtant que nous fassions halte, comme des enfants, dans leurs visages profonds. Ce qu'il y a de mutuel en eux cherche à nous sauver.

C'est cela que je me souhaite. Retrouver le monde, c’est retrouver le geste par lequel nous savons détisser, un, à un, les noeuds qui entremêlent nos vies parfois jusqu’à l’inextricable. On prie dans le sud Maria Desatadora dos Nós qu’elle nous vienne en aide. Mais le monde tout entier en possède le désir. Je nous souhaite que la multitude moins occupée des petits dieux nous prête ses doigts transparents. Je nous souhaite de savoir ramasser leur nombre infini, qui jonche patiemment la route. Je te souhaite cela.

S’il vient un feu, pour les en sauver, il faut les tromper.

S’il vient un feu, pour les en sauver, il faut les tromper.

À Paris
En June 2012
C'était l’été
Ref 310.14

Alors que je me rhabille un peu, je dis à Steph, qui marche avec moi, que la rue de Richelieu est longue et puante ; comme il ont bien fait de la reboucher en insérant un long tube d’immeubles en une fois, par le dessus du ciel, comme en versant une crème.

«Et les pompiers ?» demande Stéphane. « Comment font-il lorsqu’il y a un incendie pour accéder aux immeubles intérieurs ?»

«Ce sont des forces particulières», répondis-je. «Certains d’entre eux se ressemblent comme des jumeaux, et ce sont ceux-là qui s’occupent des deux extrémités du tube. D’autres ont la possibilité fantastique de changer de visage, afin de pouvoir ressembler aux pompiers originaux qui oeuvraient dans les tronçons intermédiaires et les parties centrales, qui sont donc condamnés depuis des lustres et où les habitants ne se font plus confiance qu’entre eux, ne croient plus qu’à ce qu’ils connaissent d’avant l’époque de leur isolement, et où les étrangers reçoivent un mauvais traitement. S’il vient un feu, pour les en sauver, il faut les tromper.»

Rêvé à Paris le 17 janvier 2012

Satori

Satori

À Paris
En June 2012
C'était l’été
Ref 310.13

Nous sommes nombreux dans une salle de pratique de yoga. Je suis dans une position face au reste des hommes, mais une autre personne plus influente, plus indiquée par ses vêtements, son âge et sa barbe, dirige la pratique.

Une femme assez vieille rentre, visiblement étrangère au groupe et au yoga (son corps, ses vêtements). Elle paie le Maître pour qu’il joue une pratique pour elle. Le Maitre, accoudé à une statue de la vierge, accepte et propose un Je-vous-salue-Marie. Tout le monde s’assoit très vite et nous nous rendons compte que le maître joue la pratique pour tous, mais alors qu’elle est habituelle gratuite, il fera cette fois-ci payer la dame : nous pratiquons ensemble ce que la dame à en fait payé pour nous.

Les paroles du Maître sont si rapides et si inarticulées qu’il est difficile de le suivre. Cela me laisse penser que nous entrons dans une boucle car, à cette vitesse, il ne pourra pas y avoir qu’un seul je-vous-salue, cela serait trop peu pour l’argent de la dame. Je ferme les yeux et rentre dans la pratique.

Soudain une activation involontaire des muscles de mon cou se produit ; ma tête souhaite pivoter. Après un réflexe de resistance, je décide de céder, jugeant que c’est là le but de la pratique. Mon cou est alors animé de droite à gauche, parfois par saccade, sans que je ne veuille rien ; il arrive que je craigne qu’on souhaite me le briser. Quelqu’un possède désormais mon cou.

Au réveil me reste l’idée “je dois avoir un problème de cou”.

Rêvé à Rameau le 8/11/13

Pierre le Quéau et Stéphane Hugon écoutent la rumeur de Cholula

Pierre le Quéau et Stéphane Hugon écoutent la rumeur de Cholula

À Cholula
En October 2007
C'était l’automne
Ref 182.21

2 rêves cette nuit. Dans le premier, des loups me poursuivent dans une école primaire. Quelqu’un les envoie, ils veulent mon secret. Je bloque la porte d’un placard, je ne céderai pas. Ma plus grande crainte est de ne pas voir venir la mort, parce que je n’ai jamais vu de loups. Ils pourraient aussi bien être déjà dans le placard avec moi, parmi les balais et les tampons, que je ne le saurais pas.Le bas de la porte va céder sous la férocité des animaux. Je vois une gueule rousse enragée déchiqueter le bois et faire entrer la lumière. Soudain je me sens soulagé : ce sont des renards et non des loups, ils n’avaient plus que ça à envoyer. Je verrais la mort arriver avec certitude.Le second rêve arrive sous la forme d'une phrase : "trouver des maîtres qu’on ne peut pas dépasser".Paris, le 8 janvier 2008

Sous la tonnelle de Cécile Hugon

Sous la tonnelle de Cécile Hugon

En July 2007
C'était l’été
Ref 176.7a

Nous sommes dans le hall d’un grand immeuble, Sylvain et moi, à la recherche d’un certain Cxxx, afin de lui remettre un paquet. Malheureusement nous n’avons si l’étage, ni le numéro de téléphone, ni le nom en entier de cette personne.A roder dans le hall, nous sentons que nous devenons lentement suspects aux yeux des autres habitants. Nous essayions de nous faire voir le moins possible le temps de trouver une solution. Enfin nous trouvons un panneau d’affichage qui liste les noms des habitants de l’immeuble. Un nom correspondrait bien, mais, manque de chance, il est écrit trois fois pour les trois derniers étages. C’est ce moment de confusion que choisit le gardien de l’immeuble pour surgir et nous demander des comptes. Nous tentons en vain de lui expliquer notre situation, mais il la juge absurde et ne crois pas qu’on enverrait un paquet sans nom, sans numéro et quasiment sans adresse. Je suis d’accord avec lui.Mais pendant que nous doutons, je vois le numéro de téléphone du destinataire, écrit sous une plaque dorée, comme une plaque de docteur ou de charlatan vodou. Ce numéro de téléphone est très précieux : je le note sur ma main en retraçant plusieurs fois chaque chiffres. Il commence par 06 et comporte plusieurs répétitions.Dans l’ascenseur, nous sommes très surpris qu’il n’y ait que deux boutons. Le 3 et le 7. Nous montons au 7.Encore de longs couloirs tamisés et des portes. Sylvain sort, et le rêve, qui jusqu’à présent représentait la perplexité, devient un cauchemar. Je fais tomber le colis, qui s’ouvre et jette partout dans l’ascenseur mon propre linge sale, celui dans lequel vous ne voudriez pas mettre le nez. Les portes de l’ascenseur souhaitent se refermer, je dois gesticuler pour poser un mollet devant la cellule infrarouge et rassembler les chemises, les t-shirts, les caleçons qui ne rentrent plus dans la boîte dont ils sont sortis.Surpris par l’impossibilité de ce qui m’arrive, j’appelle sylvain à l’aide, je lui dis « pitié, aide-moi », je sens bien qu’il m’arrive quelque chose d’immense, mais lui (ici, une plainte qui ne m’est pas étrangère), ne vient pas, ou si lentement. Je tente de me rassurer étrangement en pensant qu’ils n’ont pas mon manteau, que mon manteau m’appartient encore.Des hommes rablés avec de beaux costumes importants défilent dans le couloir et me regardent, je sais que les portes de l’étage sont toutes ouvertes et que la famille se rassemble pour recevoir son colis. Il y a des enfants parmi l’assistance, et je me souviens avoir eu, hors du cauchemar, ce vrai mouvement de me couvrir sous la couette, de peur, quand je réalisai que le numéro de téléphone, si consciencieusement noté sur ma main, avait disparu, et emporté avec lui toute preuve de ma présence légitime dans ce foutu immeuble.(hier, Sylvain a lu 4 textes de la Candeur des Monstres, et nous en avons parlé pratiquement 10 minutes)Paris, le 28 octobre 2007