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Quand tu laisses quelque chose, elle te laisse également

Quand tu laisses quelque chose, elle te laisse également

À Mexico
En October 2007
C'était l’automne
Ref 184.2

Je rentre de l’enterrement de ma grand mère qui, pour la veille, s’est abandonné à la pente du temps, puis à l’oubli, puis à la disparition, après la mort de mon grand-père.
En arrivant à la maison, qui est une sorte de tour de pierre comme celle de Sigismond, les visages de ma mère et d’Anthony portent de graves nouvelles. L’un des deux me dit de ne pas monter, que je ne devrais pas voir ce qui gît là-haut, dans ma chambre. Je comprends que mon grand père, comme dans le reflet inversé de la réalité, s’est donné la mort pour accompagner ma grand mère. La bienveillance de ma mère et d’Anthony ne cherche pas à cacher cette mort, que je suis condamné à connaître, mais à couvrir une atrocité inutile. Je déduis de leurs gestes que mon grand-père a utilisé du poison et que ce poison lui a percé le visage.
Les pleurs ne m’empêchent pas de vouloir monter. Ma mère et Anthony ne parviennent pas à m’en dissuader, mais la tour y parvient, en supprimant les escaliers pendant que je les grimpe. Accroché à une poutre de bois, la tête renversé, ou renversé de chagrin, je sens que je tombe et que je m’abandonne, comme qui tomberait d’une tour.
paris, le 21 novembre 2007

C.Barbier, S.Hugon, M.Maffesoli et J.Baudrillard

C.Barbier, S.Hugon, M.Maffesoli et J.Baudrillard

"Triste et glaciale est l'immortalité que vous octroient les éphémérides, les dictionnaires et les statues ; intime et chaude par contre l'immortalité de ceux qui survivent dans la mémoire, dans le commerce des hommes, héros d'aimables anécdotes et de phrases célèbres." JLB Bonne nuit Jean (Note du 06/03/2007)