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Connaître quelle est sa place

Connaître quelle est sa place

En November 2014
C'était l’automne
Ref 400.XX

Parmi l’aspect multiple du paysage, dénicher le trésor de la maison solide, la maison bien bâtie, patrie intime, refuge unique contre le nombre des loups. Chercher et savoir reconnaître les lieux et les moments propices à notre venue. Laisser les autres aux autres, qui ont d’autres couteaux, d’autres usages. Savoir la forme que l’on a, s’emboiter dans le monde en retour. Sur le chemin, trouver la table amicale où poser nos soucis. Dans le cœur de quelqu’un, une attention prêtée et la sororité de l’âme. Chez soi, l’acceptation de la chose que nous sommes. Dans les foules des aérodromes, les traits des visages familiers. A ceux qui ne paraîtront plus, offrir un au-revoir. Dire quelque chose qui nous ressemble. Habiter les tristesses, les morts, les trajets et les situations où l’on nous met. Recevoir et avoir envie de rendre, aussi à cela qui ne nous ressemble pas.

Les contes de départ peuvent être des retours au pays, il ne dépend que de la ferveur de ceux qui, voyant la marée, désirent quitter un sol, ou convoitent l’arrivée de l’autre côté. “Tous les malheurs du monde viennent de ne pas être à sa place. Et tout le bonheur de la vie est de remettre dans son cadre ce qui en a été écarté”. Je nous souhaite cela : nous trouver.

Les gens qui passent et ceux qui restent

Les gens qui passent et ceux qui restent

En October 2014
C'était l’automne
Ref

Rêve du verre d’eau surnuméraire.

Quelqu’un dort dans mon appartement avec moi. Sa présence m’inquiète. Je suis au fond de mon lit mais je l’entends remuer. Je lui demande un verre d’eau. J’ai déjà un verre d’eau plein sur ma table de chevet. J’espère qu’il ne s’en rendra pas compte en me tendant son verre d’eau car il comprendrait alors que je souhaite juste le faire venir à moi pour découvrir son visage.

Il me tend le verre d’eau que je pose à côté de l’autre. Il ne s’en rend pas compte. Son visage est gentil et nocturne : il pense déjà à autre chose. Il me demande avant de partir s’il est possible de «changer la date». Je me souviens alors que nous devons cuisiner ensemble et que c’est pour cela qu’il est dans les parages : je l’accueille. Ce n’est pas un intrus qui rode, je suis en réalité son hôte et c’est moi qui l’ai invité.

Rêvé à Paris le 17/11/15

Ramasse tes dieux

Ramasse tes dieux

En January 2014
C'était l’hiver
Ref

Yaoyorozu no kami. Le Shintoïsme possède huit millions de dieux (un nombre infini de dieux). Ces dieux sont la rivière, le vent et le cerf. Ils sont une chose commune, une chose des grands chemins. Ils sont la terre qui apaise et le campement de la montagne. Ils sont l'enfance sacrée, la maison et les grands paysages. Nous les partageons tous, en eux habite un regard éveillé.

S'il arrive que leur clarté nous échappe, c'est que les mois se sont pelotonnés dans les mois. La vie devient dure. Souvent, non sans avidité, nous nous approprions leurs bienfaits. Séculaires, dans l’ombre, ils attendent pourtant que nous fassions halte, comme des enfants, dans leurs visages profonds. Ce qu'il y a de mutuel en eux cherche à nous sauver.

C'est cela que je me souhaite. Retrouver le monde, c’est retrouver le geste par lequel nous savons détisser, un, à un, les noeuds qui entremêlent nos vies parfois jusqu’à l’inextricable. On prie dans le sud Maria Desatadora dos Nós qu’elle nous vienne en aide. Mais le monde tout entier en possède le désir. Je nous souhaite que la multitude moins occupée des petits dieux nous prête ses doigts transparents. Je nous souhaite de savoir ramasser leur nombre infini, qui jonche patiemment la route. Je te souhaite cela.

Le rêve et la fleur philosophique

Le rêve et la fleur philosophique

À Granada
En August 2013
C'était l’été
Ref 346.20

If a man could pass through Paradise in a dream, and have a ower presented to him as a pledge that his soul had really been there, and if he found that ower in his hand when he awake — Aye! and what then?

Samuel Taylor Coleridge

Un homme est riche en proportion du nombre de choses qu'il peut arriver à laisser tranquilles.

Un homme est riche en proportion du nombre de choses qu'il peut arriver à laisser tranquilles.

À Ægina
En June 2013
C'était l’été
Ref 331.34a

Ce qui se trouve au cœur de l’ile d’Egine est un sentier. Lorsqu’on le suit sous le soleil, il fait passer par un chapelet de trente-trois églises, dont plusieurs sont effondrées. Juste devant le chemin se trouve le monastère consacré à Saint Nectaire. Je pense souvent à la petite cour du monastère, à son silence de vent, au peuple recueilli. Et ceux qui y sont venus y pensent aussi.

On y vient faire le tour des reliques de Saint Nectaire. Surtout de belles dames qui portent avec elles leurs histoires intérieures et toute la profondeur des âges immenses de l’humanité dont seuls les rides et les jupons froissés peuvent rendre compte. Elles approchent la pierre et écoutent la pierre, comme si Saint Nectaire allait leur parler. Tout est si pieux ! Nous nous assoupissons sur les tuiles brunes à quelques metres de là, entre le bruit des pas, buvant de l’eau.

La précarité n’est pas le sentiment d’être dans des sables mouvants. La “précarité” est l’état de vivre sur les rares cultures “obtenues par la prière”. Dons fragiles, périssables, voués à la mort, comme le sont tous les rêves de fleurs, ou chaque objet emporté par un réfugié. Je nous souhaite de savoir reconnaître cela. Nul besoin que les saints répondent ! Chaque exaucement est un pas vers l’ennui. Laissons suspendus tous les mystères, et tous les hélas. Des générations cachottières ont œuvré à sauver quelques non-dits où l’on puisse encore se nicher. C’est seul dans ce qu’il subsiste de ces terres inviolées que peut se déployer la précarité vivace qu’on appelle l’aventure : ne l’épuise pas, de la dis pas toute en entier. Laisse leurs robes aux secrets car ils sont le refuge profond où les forces recommencent. Ecoute la tombe qui ne te dira rien, ce sera déjà un temps repris aux pioches et aux ongles qui en convoitent les trésors.

C’est ce que je nous souhaite : je nous souhaite de poser tous ces batons techniques avec lesquels nous allons touiller, agacer la matière même de la paix. Je nous souhaite de nous souvenir (comme Thoreau assis inspectant la campagne) qu’un homme est riche en proportion du nombre de choses qu'il peut arriver à laisser tranquilles.

Hic Rhodus, hic salta !

Hic Rhodus, hic salta !

En May 2013
C'était le printemps
Ref

"Hic Rhodus, hic salta !" dit le vieux maître : c'est ici Rhodes, c'est ici que tu dois sauter. Rhodes, Paris, Rome, Munich, New York, Londres, Hong Kong, Tromsø... Tout est à faire dans l'année où tu t'apprêtes à habiter, et qui est 2014 : c'est ici que tu dois sauter.
(Ou, ce que dit Michel Maffesoli : "c'est ici que tu danses...")

Le répit et la Sainte Paix

Le répit et la Sainte Paix

À Ægina
En May 2013
C'était le printemps
Ref 331.15a

Depuis ma première visite sur l’ile d’Ægine, en 2013, je pense au thème du rêve de la seconde maison. Le rêveur réalise que, à côté de la maison où il se trouve, est une seconde maison, souvent identique à la sienne, ou très proche, mais qu’il n’a jamais visité. (Le même thème peut se décliner lorsque le rêveur, dans sa propre maison, réalise qu’il existe une pièce qu’il n’a jamais visitée).

Le rêve de la seconde maison indique qu’une préoccupation familière mais trop longtemps délaissée se manifeste à vous. Il existe, tout proche de votre train-train quotidien, un monde entier qui sollicite votre attention. Comment vous avez pu l’ignorer toutes ces années alors qu’il était devant votre nez, c’est un mystère. Cette quantité d’énergie que nous dépensons à ne pas penser aux choses !

Je n’avais jamais rapproché ce thème d’une histoire de ma vie. Avant que j’aie 20 ans, ma mère a acheté un appartement sur plans. Je vivais rue Gabriel Péri, et depuis la fenêtre on pouvait voir les travaux du prochain immeuble se dérouler dans l’ordre (de l’autre côté du terre-plein ombragé par mon cèdre du Liban), si bien que nous disions souvent que nous allions déménager en face de chez nous. Je ne sais plus si j’ai eu un jour les clefs de ces deux appartements simultanément où si je l’ai rêvé, mais le déménagement eu tout d’une sorte de transhumance.

Cette nuit (nous sommes le 21 février), j’a rêvé que je vivais dans la seconde maison dont nous rêvons tous. Ce n’était pas ma maison, mais j’y vivais, peut-être même afin de ne pas vivre là où on m’attendait. Je savais obscurément que cette maison était celle de mes grands parents Dandrieux (chez mes ancêtres). Le téléphone a sonné et une femme charmante, ravie de m’avoir retrouvé, m’indiqua qu’une lettre recommandée m’attendait à la Poste. Je suis devenu inquiet, car les lettres recommandées signifient souvent la volonté d’un créditeur. Pour aller chercher cette lettre, cependant, j’imaginai un grand voyage, et, dans mon rêve, une figure féminine me donnait mon passeport, ce qui me rasséréna tout en me privant de l’occasion de me soustraire à ce trajet. La lettre qui me parvenait contenant sans doute une grande dette, et bien qu’elle m’ait été destinée, à moi personnellement, il me semblait qu’elle avait longtemps cherché à trouver un Dandrieux, n’importe quel Dandrieux, et que j’en avais hérité, comme on hérite de nombreuses autres choses au travers des générations, car je me trouvais dans leur maison et non à ma place.

En somme, si je repense à ce thème du rêve de la seconde maison comme à ma vie et à l’endroit où je me situe en elle, quelque chose me dit que j’ai passé trop de temps dans cette aile inconnue, ou cette maison exotique, me persuadant que c’était là la preuve d’une hardiesse que l’on pourrait retracer jusqu’au passé de chasseur de mon père. Mais tout porte à croire que quelque chose en moi s’octroie là la misérable vacance de ne pas prendre soin d’abord de son ménage, et que, comme punition, je commence à me charger de l'inaccomplissement des véritables habitants des lieux que je viens usurper.

De quelqu’un dont l’arrière grand père est mort à la Guerre, dont le grand père est revenu en parlant allemand et dont le père a quitté son île, on pourrait attendre qu’il accueille avec tendresse la fatigue du voyage, qu’il ait, comme parce que ses os sont tant usés, la sagesse de l’âtre et le désir d’être entouré par les siens, assis dans le confort de ses fantômes alors que la pluie bat sur les carreaux des fenêtres. Quand apprendrait-il (et je tente de généraliser ce texte biographique pour en faire une fiction) qu’à force d’aller voir là-bas s’il y est, il laisserait se dépeupler les lieux en nombre infinis qui l’avaient accueilli et voulaient du bien à son âme ? A celui qui a déjà décidé de repartir, toute la Sainte Paix du monde ne peut être qu’un répit.

Poursuivre le paysage

Poursuivre le paysage

À Tromsø
En May 2013
C'était le printemps
Ref 336.32a

L’homme n’est pas le seigneur des entités. Tout au plus pouvons-nous, parfois, habiter et poursuivre le paysage que nous croyons dompter. Avec une tresse, poursuivre une vallée. Faire apparaître un vent dans notre étole. Là où rien ne poussait, aider à ce que croisse modestement un arbre. Homme libre : porte un vêtement de couleur ! Celui qui cultive son jardin, c’est lui le paysage ! “Celui qui est reconnaissant que sur la terre il y ait de la musique. Celui qui caresse un animal endormi. Celui qui justifie ou veut justifier un mal qu’on lui a fait. Celui qui préfère que les autres aient raison. Ces personnes, qui s’ignorent, sont en train de sauver le monde.”

Sois juste avec ce qui te cherche. Il n'y a pas de beauté de rechange.

A second childhood

A second childhood

À Paris
En August 2012
C'était l’été
Ref 319.26

J’avance toutes griffes dehors, à quatre pattes (c’est plus facile), dans le paysage, à vive allure ; j’avale le paysage comme une bête.

03/07/14 Rameau

Regarder partir les chats

Regarder partir les chats

En August 2012
C'était l’été
Ref 315.10

Pendant longtemps, quand on me demandait pourquoi je prenais des photographies, je parlais de la mémoire, je disais que si je parvenais à terminer chaque année avec une bonne photo, alors, quand je serais vieux et gris et plein de jours, j’aurais au moins cinquante bonnes photos autour de moi pour me rappeler le passage des ponts, les femmes et les longs courants salés de mer qui auraient peuplé ma jeunesse.“Et quel homme a besoin de cinquante photos”, rêvais‑je ? Attraper quotidiennement les raretés de la ville, les petites vies imaginaires du paysage aux fenêtres des trains, les visages de mes amis, était devenu comme un yoga, un joug (les mots sont de la même famille), à la fois un rituel, une astreinte et une discipline intime.

En 2003, une vague de chaud appesanti l’Europe. Cet été, je vis mon père pour la dernière fois de son vivant, et des montagnes en feu entre Bari et Campo Basso. Il y avait une blague, lorsque quelqu’un frappait à la porte de la rue Rameau où j’habite, qui était de prédire l’entrée de mon père, et cette blague était une façon de jeunes hommes de conjurer la mort. Quand mon père est mort, c’était 2009. Puis H. est partie. J’avais passé trente ans à me préserver, à trouver, à faire attention. Prendre des photos était une autre de ces manières de faire du trésor, d’accumuler, de garder les choses près de moi. Depuis, j’ai vu la mer en bicyclette, je me suis salement blessé, les sirènes de certaines célébrités se sont désintéressées de moi, et les précipitations qui me flattaient me donnent maintenant soif de calme et de concentration.

Peut-être qu’une histoire personnelle est moins la liste patiente des images gardées près de soi que la chronique des choses qu’on a laissé partir, d’elles-mêmes, de ce qu’on a su ne pas retenir. Cependant à chaque fois, mon côté garçon des banlieues qui m’attache à l’honneur me fait tenir à ce moment de l’au-revoir, si humain et si précieux, où deux personnes qui s’éloignent s’accordent symboliquement sur ce qu’elles ont partagé, donnent une dernière fois pour sceller la pierre de la caverne d’où sortent la nuit les fantômes des dettes. Si tu as regardé un félin que tu caressais s’éloigner de toi sans se retourner, alors tu sais, dans ces départs, ce que le coeur recherche et que les félins ne rendent pas.

Maintenant, nous sommes tous photographes. Et si je devais nous donner un conseil (mais peut-être ne le devrais-je pas, chaque homme doit se forger son yoga par lui-même), je nous dirais d’être plus indulgent vis-à-vis des photos que nous manquons ou que nous ne prenons pas, de ne pas s’irriter et de ne pas en vouloir au petit dieu du déclencheur enrayé, à la courroie qui n’a pas ramené le boitier assez vite, à la lumière oblique qui frappait le mauvais œil. Les images ne nous doivent pas d’advenir, et il en est ainsi également des relations amoureuses et d’un grand nombre d’événements. Nous, cependant, qui nous y dévouons tant, les appesantissons de richesses magiques, de l’or dont on se raconte qu’il doit les combler, mais dont nous espérons secrètement qu’il les ralentira assez pour qu’elles ne s’échappent pas. Il faut avoir eu un chat pour ne plus embarrasser la réalité de notre amour.

La quête du ventre de la Terre

La quête du ventre de la Terre

À Puys
En August 2012
C'était l’été
Ref 313.31a

Nous chevauchions par le désert en équipe. Etonnement, nos chameaux avaient reçu une telle éducation qu’ils parvenaient à nous maintenir, quelques soient les dénivelés du sol, à une hauteur presque constante. Les variations étaient souples et graduelles et il était facile de viser et de tirer.

Nous parvînmes à l’entrée d’une immense caverne où se déroulait un fleuve, des centaines de mètres plus bas. C’était le ventre de la terre, et un grand mystère y était détenu. Nous cherchions les meilleures manières de descendre, mais rien n’était suffisamment certain. Deux chemins symétriques avec une rambarde montée dans le flan de pierre semblaient dénoncer la présence ancienne des hommes, mais ils étaient aussi immensément vétustes et pleins de périls, malgré la possibilité de s’amarrer très fermement à la rambarde, en y nouant une corde. Comme le fleuve coulait dans une certaine direction, et parce que l’immense paysage à notre niveau allait en escalier, nous déduisîmes qu’il suffirait de cheminer assez longtemps pour atteindre le point où la surface rencontrerait l’intérieur.

Je partis avec un membre de notre équipe, au visage d’Aurélien, mais comme il me ralentissait, je pris la décision de voler. Contrairement à tous les autres rêves où voler est un acte pénible et perdu, je volais très bien dans ce rêve ici, très facilement (je découvrirai plus tard qu’il s’agit en fait d’un subterfuge).

A un moment du chemin, il devint évident que mes créanciers m’accompagnaient. Ils m’entouraient et marchaient partout sur la terre, cependant c'était comme s'ils ne me voyaient pas. En fait de voler, c’est une image de moi qui volait. Les autres personnages étaient sensibles à cette image dans le ciel, et pensaient ne jamais me rattraper ; en vérité je marchais au sol parmi eux, le point dans le ciel est une sorte d'illusion — cela seulement, ils ne le virent pas.

Pour me prémunir de dettes supplémentaires, je décidai d’abandonner la quête du ventre de la terre, dont l’entreprise nécessiterait sans doute de longues dépenses. En arrivant chez moi, à la fin de la journée, une sorte de soirée mélangée m’accueillit, qui rassemblait mes amis et mes créanciers, copain-copain. Alors que je suis au téléphone avec un client, qui me réclamait 10000 Euros pour lui rembourser de manière absurde la valeur de tâches que je n’avais pas eu le temps d’accomplir, j’appris qu’un émissaire avait déjà été envoyé pour récupérer cet argent, peut-être de manière brusque. Puisque certains spécialistes étaient là, je tentai de leur parler pour savoir si cette pratique rentrait dans le cadre du droit, mais je confondis le premier créancier avec un homme et le salua maladroitement comme tel (alors que c'était une petite femme aux cheveux courts) ; et le second, auquel j’essayai de parler l’Allemand, ne parvint pas à me comprendre car je ne maîtrisais pas le vocabulaire spécifique à cette situation.

Pendant ce temps, les créanciers étaient partout autour de moi dans la maison, à évaluer les objets mais aussi les manières de faire, pour savoir si mes gestes ou mon passé avaient de la valeur. L’un d’eux (une autre femme) me tira en direction des étagères de la bibliothèque et me demanda des informations sur le système qui leur permettait de soutenir tant de livres. Elle projetait d’en tirer un bon prix. Une voix dans un téléphone qui pendait au bout d'un bras bras m’indiqua qu’un personnage impressionnant était toujours en approche, pendant que les yeux des créanciers sillonnaient sans repos mon intérieur. Heureusement, je parvins subitement à me cacher de tous ces tracas dans un autre rêve :

***

Nous sommes Vincenzo et moi dans les chaleurs de l’Inde. Une sorte de bus nous conduit je ne sais où. Nous sommes assis sur des sortes de sièges roulants que l’équipage reconfigure en fonction des plats du déjeuner. On nous apporte une sorte de carpaccio de champignons sur de l’ardoise, et une purée violette, éventuellement des vitelottes. Cette fois la convention est de nous mettre côte à côte. L’équipage est charmant et dévoué. Dehors le grand paysage défile, et le visage de Vince, parcouru par les soleils, dit tout le bonheur que c’est que d’être transporté, comme par le dessous des bras les enfants si faciles au ravissement.

Rêvés le 31/01/13 à Rameau

Autonome, créatrice, dispendieuse et source, comme une adulte.

Autonome, créatrice, dispendieuse et source, comme une adulte.

À Bayern
En July 2012
C'était l’été
Ref 318.1

Julie B. est assise à côté de moi. Elle a tout préparé, malgré le nombre incalculable de personnes qui viendront à diner, elle a tout préparé. Je ne vois pas le festin, mais je sais qu’il compte de nombreuses couleurs, se compose d’une variété presque infinie de goûts et de souvenirs de goûts. Je sais que toutes les formes sont imparfaites et que, comme dans une forêt, il n’y a aucun angle, parce que tout a été fait à la main. Cela me rassure, alors que Julie est assise à côté de moi, silencieusement, autonome, créatrice, dispendieuse et source, comme une adulte.