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Lue rue Breguet

Lue rue Breguet

En March 2004
C'était le printemps
Avec Lue
Ref 63.37a

Je suis dans un endroit. Il y avait des vieilles connaissances. L'une d'elles n'est pas si éloignée que ça et il nous est arrivé de nous retrouver. Cependant nous jouons à ne plus nous connaître, à oublier nos prénoms, à se rappeler nos adresses, mais une main lascive sur une hanche avère que nous jouons. C'est un village où de nombreuses personnes vagabondent. Je vais à la boulangerie. La boulangère (dont je rêve pour la seconde fois en peu de temps, sous d'autres artifices, mais je la reconnais), range ses croissants. Je dit "excusez-moi" ; elle continue de ranger d'un air semblant. Je redis "excusez-moi" ; elle range avec un air semblant. Une femme qui fait la queue lève la tête et lui dit "il me semble qu'on vous a dit excusez-moi" ! Mais la boulangère lui répond "oui, mais on ne m'a rien demandé". Devant tant de littérature, je la regarde et je lui demande "je peux vous prendre quelque chose" ? Elle joue enfin la boulangère. Je regarde son sourire et je lui dit "finalement non" et je me casse. Elle est trop mal élevée. (Lue est entêtée)

Oise

Oise

En March 2004
C'était le printemps
Ref 60.8a
Mirò à  Beaubourg

Mirò à Beaubourg

En February 2004
C'était l’hiver
Ref 53.8

le compte à régler Ca sentait le chanvre et le fusil de ut. Il m’a regardé dans les canines, j’ai vu son sourire ruisselant d’amertume, l’air déluré des hommes qui touchent au but et le couteau qu’il portait bas à la ceinture, son teint basané et son âme noire et épaisse, l’âme salie par le meurtre en gestation. Les dieux débordaient des tableaux et, dans la galerie où nous n’étions alors plus que deux, il murmura quelque blasphème. J’ai entendu citrouille et entonnoir mais il parlait de nos familles et de ma sœur, de vieilles dettes à solder. J’ai vu le témoin de mon dernier souffle, planqué sur le plat d’une échelle, il n’avait pas pu fuir avec les autres et, comme les chats, il avait cherché les hauteurs. Je ne suis pas vraiment mort, j’avais la lame dans le cœur mais le vieux Terkowsky, le gardien à l’échelle qui avait tout vu, emporterait mon fantôme dans ses histoires pour enfant, le fantôme d’un combat de musée au couteau, donné pour les dieux des tableaux dans une vieille galerie de l’Hermitage.

Sentenza, Louvre

Sentenza, Louvre

En January 2004
C'était l’hiver
Ref 51.35a

Le contrat Le petit bras de la japonaise brinquebalait ses bracelets clinquants, comme si le talon de la fille, qui faisait comme des pinces au lieu des chaussures, lui faisait prendre le pavé un poignard dans le flan. Don Patrica me dit qu’il était trop tard, que tout était décidé et bien en ordre. Il me sortit l’enveloppe avec l’argent et les posa sur la table du café. Je ne comptai pas la liasse conclusive. Mais c’était pas sérieux, il avait un pignon entre les dents de devant et l’air éclairé des ivrognes qui viennent de croiser une étoile ; c’était la folie que je lisais sur son visage et que j’étais peut-être le seul client à lire. « Je connais la musique », je lui ai dis. Je me suis levé, il a cru qu’on avait un deal mais moi je voulais juste filer le train de la japonaise au cul tordu. Sous ma soutane, avec mon fusil mitrailleur, elle devinerait jamais le type qui assassinerait le Pape demain, pour une montagne de biffetons, depuis la mezzanine la plus éclairée de la Piazza San Pietro.