Sylvain Frigui à Mons

Un photogramme de Jessica Rosselet en été 2003.

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Sylvain Frigui à  Mons Jessica Rosselet

Sylvain Frigui à Mons

C’était un de ces soirs d’automne, rude et à la peau marron, où les feuilles bruissent du haut des arbres, dans leur langage secret, les pleurs ininterrompus de leur peur de choir. La peur ne lui était pas familière, il avait le cœur dans l’encablure d’un tuyau d’argent. Les bras lui clignotaient, parfois, aux bruits les plus divers, la lueur réfractée de la lune dans les yeux des bêtes sauvages lui rappelait quand ses loupiottes se mirent à déconner, avant qu’elles ne cessent d’irradier complètement, et quand il tardait trop sa graisse au cœur de la forêt, il crinquelait le zinc et la carcasse de caisse : c’était une machine, un robot, du métal, une grosse boîte. Mais ceux qui racontent son histoire pensent que lui seul pouvait comprendre la solitude des feuilles et puis leur peur de choir, cette peur bien à elles qui les ébroue en automne quand vient l’horreur d’abandonner son arbre, quand il faut choir et s’écraser au sol sableux, sans sève ni peau marron dans un bruit long et envoûtant, cette plainte universelle que tous les hommes sans attention confondaient avec le vent.

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