Stéphane Hugon va parler du noir à Cahors

Un photogramme de Eranos Stéphane Hugon pris à en hiver 2007.

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Stéphane Hugon va parler du noir à  Cahors Eranos Stéphane Hugon

Stéphane Hugon va parler du noir à Cahors

Je suis dans un avion (ce qui n’est pas une si bonne nouvelle) un avion très vaste, comme celui que Sylvain et moi avions pris pour aller à Minneapolis. Ces derniers temps, il m’arrive souvent, au cours d’un rêve, de me souvenir d’un autre rêve. Cet avion énorme m’en rappelle donc un autre, qui avait des pontons, des hélices internes, un quai circulaire qui l’entourait et des petites tables rondes pour dîner en amoureux, à l’extérieur. A chaque fois que je me souviens d’un rêve au cours d’un rêve, à moins d’avoir noté le premier rêve, il ne m’est plus jamais possible de savoir si j’avais effectivement fait ce rêve dans le passé et qu’au cours de la nuit je m’en suis souvenu, ou bien si j’ai rêvé que je me souvenais et que j’ai inventé un autre rêve dans le rêve.Dans cet avion, les choses ne vont pas trop bien. Des hommes entrent dans notre pièce (ma place est dans une petite boîte allongée, à côté d’autres boîtes allongées décorées en fonction de la classe et du prix du billet). Ils touchent à plusieurs choses, à des tuyaux qui font de la vapeur, à des câbles, aux murs. Je me rends compte qu’au travers des hublots, en bas, tout en bas, on voit la mer, et je me dis que c’est le fameux moment de l’avion où il vaut mieux dormir. Je m’allonge dans ma boîte et je ferme les yeux, mais je sens que je commence à tomber (ce sentiment ne m’est pas inconnu). Pris de panique, je me réveille dans mon rêve et je change de pièce. L’avion est presque nu, je sens l’air passer par les cases d’un damier au sol, la cloison qui nous sépare de l’extérieur est si fine, on dirait qu’elle va se chiffonner. D’autres personnes se rendent compte que quelque chose ne va pas. Pour traverser la pièce il faut même passer entre des espaces, au sol, qui donnent directement sur le rien. Je me cramponne à quelque chose en répétant compulsivement une phrase que le rêve gardera secrète, mais cela est inutile. L’avion ralentit, tout est perdu.Je le vois bien, d’où je suis maintenant, bien en dessous de la scène, le gros avion avec des réacteurs immenses qui cessent de tourner, immobile dans le ciel.Rome, 4 juin 2007 

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