Salina des îles éoliennes

Un photogramme de Lue pris à Salina en été 2010.

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Salina des îles éoliennes Lue Salina

Salina des îles éoliennes

J’étais parti de Crotone, et, au bout de l’autoroute de la mort, j’attendais comme un enfant le ferry boat qui relie Villa San Giovani au port de Messine, avant de poursuivre par la côte. Entre Tore Faro et Villa San Giovani, que les géographes d’Ulysse appelaient monstrueusement Charybde et Scylla, je me suis baigné au front exact où se mitige la mer Ionniene à la mer Thyréneene. Au port de Messine étaient arrimés deux colosaux croiseurs. Malgré la disgrace du quadrillage infini des fenêtres et des loges, ils emplissaient autant l’imagination d’ailleurs, de voyages et de merveilles éparses que les vastes paysages des îles Eoliennes qu’ils cachaient, et que je rejoignis sans eux. A l’observatoire de Salina, sur les pentes volcaniques où pousse la Malvoisie, qui est le vin du diable, j’ai vu se coucher le soleil entre Filicudi et Alicudi. J’ai vu les vignes de Malfa et la plage coralienne de Rinella, ses grottes et ses barreaux. Je me souviens de la nuit sur la mer et du vent qui me soutenait. Je me souviens des routes à flanc de falaise qui suivirent. En bas l’eau qui brillait, l’air si chaud qu’en passant mon bras par-delà la décapotable, j’avais l’impression de m’enfoncer dans le sable en plein midi. Partout ailleurs c’étaient les collines, et sur chaque colline les maisons portaient une lanterne qui tissaient des guirlandes de maisons. Les lanternes des chapelles brillaient plus fort que les lanternes des maisons.
Mirco Naidon Cauda

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