Rendez-vous d'affaire au café du Trocadéro

Un photogramme de Eranos pris à Paris en hiver 2006.

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Rendez-vous d'affaire au café du Trocadéro Eranos Paris

Rendez-vous d'affaire au café du Trocadéro

Je suis un vieil homme, petit et un peu ridicule, assez laid. J’amène ma mère, qui est si faible qu’un vieil homme doit la déplacer, à la Consultation. Mais ce lieu auquel j’imagine elle appartient (où elle doit aller par ailleurs sans moi), n’est pas digne. Nous marchons dans la pénombre de pièces circulaires, parmi les lépreux, les pauvres et des espagnols sans dents. C’est une cour des miracles. Jamais je n’aurais dû la rendre à cet univers.Devant la porte de la Consultation, je me rends compte que j’ai oublié le livre. Pour entrer, il faut avoir un certain livre et de la farine. Je cours pour prendre le livre, je l’ai, je repasse par les pièces circulaires, et quand j’arrive, je vois des hommes en blouse du personnel médical entourer ma mère et la maintenir comme si elle était folle. Un instant je ne m’en fais pas, parce que l’image de ces nombreux hommes et l’image de ma mère, sont si différentes, que je ne crois pas qu’elles puissent être liées. Mais la chose est bien en train de se produire. Alors je me jette sur eux et je les écarte. Je coince la tête de l’un d’eux sous ma jambe, pour faire un otage. Je dis à leur chef “laissez-nous passer, où celui-ci mourra”. La porte de la Consultation est à quelques mètres derrière eux. Le chef dit “non”, puis il s’adresse à l’otage. Je jette l’otage sur eux pour gagner du temps, j’en frappe deux et je profite de la panique pour attraper un ballon de football en plastique et le transformer en farine en le faisant rebondir sur le sol. Je coince la farine sous mon bras.En passant la porte qui mène à la Consultation, je réalise que je n’ai pas pris le bon livre tout à l’heure, j’ai Le Livre de Sable à la place. Il faudra donc que je force aussi l’entrée de la sale d’attente. Ce que je fais. L’infirmière, qui me voit entrer, met par habitude le nom de ma mère sur la liste. Une fois dans la sale d’attente, je vais directement dans la sale de la Consultation. Mais là, le rêve change. Le vieil homme n’est plus moi, parce que mon regard reste dans la sale d’attente. Le vieil homme et sa vieille mère entrent dans la salle de Consultation, je peux voir une forte lumière sortir de sous la porte, et je suppose qu’après toutes ces péripéties, une bonne chose est en train de leur arriver.Lorsqu’elle voit que c’est le tour de la mère, l’infirmière entre dans la sale d’attente, et crit son nom. Je ne me sens pas du tout concerné. Dans mon rêve, sa phrase est parfaitement claire, elle est prononcée en italien, le nom propre aussi est prononcé en italien. Elle dit, deux fois, en les appelant “Borges Martedi Mardi !”Rome, 12 juin 2007

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