Lisbonne

Une photo argentique parmi 512 autres dans le Souvenoir.

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Reconnaître les signes avant-coureurs Lisbonne

Reconnaître les signes avant-coureurs

Je me souviens avoir passé de longues minutes à réparer l’étanchéité d’une vasque de toilette alors qu’H. s’affarrait ailleurs. Je me sentais vivre dans ces petits détails qui construisaient peu à peu notre maison éparse. Ce jour-là, en me regardant dans la glace, je vis sur ma poitrine un énorme «Santa Fe» tatoué au henné. Ni H. ni moi ne nous souvenons de quand j'aurais pu m'endormir assez profondément pour que les argentins, qui dorment quelque part dans la maison de Manosque avec nous, me laissent ce souvenir sans que je ne m’en aperçoive...
Manosque, 9 août 2010

Les moeurs de chacun Lisbonne

Les moeurs de chacun

Il me suffira de tourner à droite au feu pour quitter le boulevard Saint Germain et monter au flanc de la Montagne Sainte Geneviève, jusque chez MM où je suis attendu. Je m’arrête dans une petite épicerie afin d’acheter quelques sucreries, qui sont toujours plus vieilles et donc plus dures dans les petites épiceries. Entente cordiale avec le marchand et son fils, je m’apprête à payer lorsque mon téléphone (portable) sonne. C’est Aurore. Sa voix douce et raconteuse me demande comment je vais, mais je sais tout à fait où nous mènent nos politesses : j’ai posté hier, sur le Souvenoir, une photo où elle figure imparfaitement, sans le lui en avoir demandé la permission. Elle ne m’en veut pas, je le déduis du ton de sa voix, mais elle vient faire valoir son droit, et je suis en dette dans cette épicerie.
— ne quitte pas Aurore, je suis chez l’arabe du coin, c’est compliqué, dis-je.
à ces mots, le marchand me regarde avec violence et mépris. Je ne parviens pas à m’expliquer, à relativiser cette expression que tout le monde emploie et qui, s’il elle n’est pas bien heureuse, est aussi dénuée de racisme ou de jugement, mais le marchand me met son poing dans le nez, et son fils me poursuit dans les rayons du magasin. Je vois la grille se baisser pour me piéger, j’entends parler de la police.
Parvenu à m’extraire du magasin, je me faufile doucement dans la foule et coude à droite où j’espère la police ne me poursuivra pas. Finalement, je fouille mes poches et j’éteins le téléphone, parce que je n’ai la bonne monaie pour régler aucun de mes comptes.
Rêvé à paris, 17 juillet 2010

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