Langeac

Une photo argentique parmi 512 autres dans le Souvenoir.

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Alice Delaigue à  Langeac Alice Delaigue Langeac

Alice Delaigue à Langeac

Nous allons à un pique-nique en extérieur, qui deviendra plus tard la maison de deux charmants vieillards. Plume est assise près de moi, mais nous ne nous regardons pas. Il y a le jeu de la honte dans mes gestes. Nous partageons quelque chose d'intime qui la retient dans mon rêve, même quand y entre une superbe jeune fille, avec des fesses dont je me dis que, bientôt, avec l'âge, elles ne vaudront plus rien. La jeune fille a les yeux très verts, elle est un peu rousse, je crois que c'est la mère d'Anthony, si je l'avais connue jeune. D'ailleurs, Plume avait une amie qui ressemblait à la mère d'Anthony si je l'avais connue jeune : Clémentine. Et ses fesses étaient un peu comme ça. A un moment je m'écarte de la table pour suivre une longue allée pleine d'événements, dont un couple de pakistanais équipés d'appareils de photographie d'époque. Le mari prend des photos à vide, la femme fait autre chose très en rapport. Ils s'arrêtent à un stand de manouche pour prendre de la pellicule ; je pensais à l'idée de mafia. Tous les convives du pique-nique partent de la table. A force de ne pas nous voir, Plume part. Il reste un grand bordel chez ces vieux, dont je me sens responsable, et j'en veux aux autres d'être parti en me laissant ça. Tout va bien jusqu'à ce qu'un vieux ne se profile. Alors je me sens pris sur le fait du dérangement et obligé de ranger. J'aurais aimé, comme avec Exposant, que personne ne voie mon bordel. La nouvelle, qui est belle, de plus en plus comme l'Anna d'Aurélien, (Anna et clémentine sont toutes les deux très jeunes), m'attend. Plume m'appelle dès qu'elle sort de la scène et laisse un message sur mon téléphone fixe (qui est un portable, donc que j'ai rangé avec le bordel ; d'ailleurs, mon téléphone sonnait vraiment). Nous partons avec la nouvelle, mais une minute après nous devons prendre deux chemins différents, parce que nos lieux de vie nous séparent, et j'en regrette amèrement de n'avoir pas suivi Plume. Je voudrais la rattraper, je deviens pressé, mais la nouvelle m'accompagne tout de même. Nous croisons Ella, de la terminale, et à Agnès, conjurée, je parle d'Anthony et de l'amour qu'il n'avait pas pour elle, en parfaite irréprocité. Mon téléphone sonne de nouveau, qui me tire de ce n’importe quoi parfait.Paris, octobre 2004.

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