Piazza Verbano, casa di Valentina

Un photogramme de en été 2006.

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Piazza Verbano, casa di Valentina

Piazza Verbano, casa di Valentina

Cette nuit, je suis déscendu de l'appartement de ma mère, celui de l'époque où j'habitais en face de chez moi, à Saint Gratien, avant mon second déménagement. Sur la place de la Mairie s'éteint un cèdre du Liban. Il y avait une kermesse d'objets blancs. J'ai vu un meuble qui ne m'est pas inconnu. J'ai pris un scooter blanc qui m'a conduit plus loin, à gauche d'une route. Les années avaient pris ses freins mais je m'en accommodais sans surprise ni peur. Je suis entré dans un grand hall de poste et parmi la foule de l'attente je savais qu'il y aurait des gens pour me connaître.Comme je peux jouer avec la gravité, un médaillon noué par un ruban bleu sort de mon cou et pend vers le plafond. Je pouvais faire d'autres choses aussi, qui m'ont rendues suspect à la foule. Un homme m'a d'ailleurs tué avec un poignard de corne. Mon visage s'est mit à changer, parce que je pouvais changer de visage, et je lui ai joué le tour suivant : comme je peux ressembler à ce que je veux, j'ai pris la forme d'un homme qui serait mort. En confiance, le tueur a reculé, alors j'ai pris d'autres formes, la forme d'un homme orange, la forme d'un homme orange qui serait plus petit, la forme d'une mâchoire, d'autres formes encore qui contenaient de nombreux bras, toutes les formes précédentes multipliées par un miroir ou par la procréation, j'ai pris la forme d'un décor de banlieue avec une poste et, dedans, l'homme qui avait ténté de me tuer. Mais dans chacune de ces formes il y avait comme un fil rouge ou une brillance qui les mettaient en continuité. Sans elle, dans mon rêve, je n'aurais pas pu comprendre que chaque forme étaient toujours moi. En fait, cette brillance était la seule forme qui évoque l'idée d'une personne pouvant prendre toute les formes, et cette brillance, c'était moi.Paris, 30 janvier 2007 

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