Peur en haut de l'escalier

Un photogramme pris à Grand Palais en hiver 2011.

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Peur en haut de l'escalier Grand Palais

Peur en haut de l'escalier

Terrible rêve : un cauchemar comme j’en ai si rarement. Nous dînons, Hannah et moi, parmi une table d’étrangers, plutôt juges. Nous ne sommes plus ensembles, mais elle n’ose pas le dire, et je souhaite la préserver par mon silence. Arguments à table.
Alors que je me lève pour retourner à ma chambre d’hôtel, j’entends la dernière discussion où l’un des juges déprécie la sociologie de l’imaginaire. Et Hannah pleure, demande que non, qu’on ne me crache pas dessus quand je ne suis pas là. Dans cet acte de bonté, je vois la graine obscure d’un recommencement.
Une fois rentrés chacun à sa chambre, nous nous parlons par le téléphone. Pourtant des fantômes sont partout hors des plainthes. Je revois de vieux visages se torturer sous mon lit et me chercher comme des lances. Je rappelle Hannah alors qu’elle dort déjà, comme souvent nous nous étions réveillés l’un l’autre pour nous rendormir ensemble au téléphone, mais sans doute que je dors moi aussi et que je rêve que je gratte le visage de l’un des longs fantômes, car parmi les formes se perd aussi le signal téléphonique de Hannah, qui ne répond pas à mes questions, n’avoue pas qu’elle a tort, n’écoute pas ce que je dis, éloigne le sang de mes extrémités. La terreur dans la pièce, le vacarme des échafaudages qui incarcèrent les fenêtres m’obligent à dévaler les marches de l’hôtel en trombe puis, regardant d’en bas la fenêtre de la chambre où la scène s’est commise, je lance vers la lumière et les ombres un disque de métal bourré de vengeance. Mais, comme tout avec Hannah, ma force ne parvient pas à toucher sa cible et je suis vide, abandonné même par la gravité qui ne me retourne rien.
Ce rêve s'est produit à Paris, le 28 juin 2010. Maintenant tout a changé ; pas tout, mais si on cherche.

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