Mais là où il y a danger, là aussi croît ce qui sauve

Un photogramme en automne 2007.

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Mais là où il y a danger, là aussi croît ce qui sauve

Mais là où il y a danger, là aussi croît ce qui sauve

Il y a beaucoup de cette neige nouvelle que j’ai vue en Savoie, et qui s’empile sur une antique neige. Au terme d’une lente marche de montagne, avec Casilli et Stéphane, nous hésitons à redescendre en glissant, la vitesse ne nous intéresse pas beaucoup, et je pense franchement au froid mouillé sur mes fesses, même au travers de ma combinaison molletonée.
Une fois en bas, je vois qu’un petit bateau de bois, avec une voile triangulaire, a été plus hardi. Il glisse depuis la montagne et parvient jusqu’au lac à demi gelé, en contrebas de la chapelle immobile, puis flotte sur l’eau libre, tourne poussé par le vent et se fait porter jusqu’à l’ubac de la montagne, que l’inertie parvient à lui faire grimper de nouveau. Puis il glisse depuis la montagne et retrouve le lac gelé, perpétuellement.
J’arrive à l’attraper à force de patience, en me postant dans le lac, muni de bottes de caoutchouc. Heureusement, cette partie de l'eau n’est pas plus haute qu’une barboteuse et les enfants s’en approchent pour y pousser leurs bateaux avec des bâtons de bois. Je suis la vedette de la barboteuse, parce que j’ai en ma possession le bateau perpétuel, qui est tous les bateaux, et les enfants me regardent.
Paris, le 11 janvier 2008

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