Je vais acheter des cannoli à la pâtisserie Sicilienne-Suisse

Un photogramme de Kevin Obsatz en été 2007.

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Je vais acheter des cannoli à  la pâtisserie Sicilienne-Suisse Kevin Obsatz

Je vais acheter des cannoli à la pâtisserie Sicilienne-Suisse

Dans le restaurant où je suis bien décidé à manger mon repas tout seul, sans plus attendre qui que ce soit, un homme entre. Grand, un peu blond, très américain. Méritant. Etait dans l'armée, ou y est encore. Habitué au pouvoir et à chiquer des cigars importants. Il parle aux serveurs, car tout cela ne va pas du tout, les tables, l’organisation, le restaurant, et ça va devoir changer. D'ailleurs, on ne peut pas manger dans cette salle. Surtout pas avec les femmes (très blondes, très méritantes) qui l'accomgagnent, comme on accompagne un plat de résistance. Un peu gêné, le placeur réfléchit à ce qu'il va pouvoir faire. Moi que le pouvoir n'interesse que sous forme de secret, et qui voudrait manger en paix, je lui fais un signe bien entendu, qui recommande la salle du dessus, où de toute façon il n'y a jamais personne. Le placeur, dont le métier est de créer des clients, me fait comprendre ma bonne idée.Une dernière chose avant de monter. Les violonistes de notre étage vont s'entendre là haut, et il s’agirait de ne pas être dérangé, regardez le plafond, il est si fin. La salle entière s'impatiente du départ de l'américain, je le vois glisser un pour-boire énorme au groupe de musique pour qu'il s'arrête de jouer et je me dis que dans ce geste (payer contre la musique), il y a quelque chose d’héroique et de naïf.Rome, 29 Août 2007

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