How long do you mean to be content ?

Un photogramme de pris à Paris Paris Photo en automne 2006.

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How long do you mean to be content ? Paris Paris Photo

How long do you mean to be content ?

En mai 1816, l’écrivain romantique Mary Shelley et son mari, l’écrivain romantique Percy Bysshe Shelley, en compagnie de Lord Byron et de Claire Clairmont, que Lord Byron venait de mettre enceinte, partirent ensemble pour quelques vacances au bord d’un lac. Ils sortirent beaucoup et profitèrent du beau temps. Les jours où ils ne le pouvaient pas, ils jouaient à inventer des histoires, et l’une de ces sessions eu pour défi les contes d’épouvante. Mary Shelley raviva les expériences qu’elle avait lues dans la presse, au cours desquelles les membres de grenouilles mortes avaient été animés par la force de l’électricité. Ce même jour, elle fit un rêve éveillé qui lui laissa l’intrigue d’un monstre, composé par des pièces volées aux dépouilles publiques, et animé par la science. Les sentiments de ce monstre seraient aussi monstrueux que ceux du docteur Frankenstein, qui en quelques sortes l’aurait crée. Lorsqu’elle raconta ce rêve, elle le fit en ces termes : “my imagination, unbidden, possessed & guided me, gifting the successive images that arose in my mind with a vividness far beyond the usual bounds of reverie... I saw the pale student of unhallowed arts kneeling beside the thing he had put together — I saw the hideous phantasm of a man stretched out, and then, on the working of some powerful engine, show signs of life, and stir with an uneasy, half-vital motion... What terrified me will terrify others; & I need only describe the spectre which had haunted my midnight pillow”.
Six ans plus tard, le 8 juillet 1822, Percy Bysshe Shelley se noya, ou se suicida. Le 11 août qui suivit, dans une lettre adressée à Mrs Gisborne, Mary Shelley, veuve, raconta deux autres rêves, avec le même intérêt pour les histoires d’épouvante. Dans le premier rêve, venu à une amie, Percy Bysshe Shelley, qui pour la veille était mort, passait devant la fenêtre de sa femme, sans manteau ni veste. Ils se regardèrent un instant mais conservèrent le silence, sans doute dans la crainte de troubler la pudeur du surcis.
Le second rêve était venu à Percy Bysshe Shelley lui même, et il l’avait raconté à sa femme avant de trouver la mort. Comme dans le tableau de Dante Gabriel Rossetti où deux amants se rencontrent eux-mêmes dans la forêt, dans son rêve, le poète avait rencontré son double. En Allemagne, on le nomme Döppleganger, en Ecosse le Fetch, ce qui signifie “prendre” car il vient chercher les hommes et les mène à la mort. Dans les vers allitératifs de l’Edda Poétique persiste le soupçon que les animaux d’Odin, Geri et Freki, Huggin et Muninn, évoluent chacun en pair avec leur double, ce qui les dispense de rencontrer jamais la mort. Mary n’ignorait pas ces superstitions, car elle ajouta “he told me that he had had many visions lately — he had seen the figure of himself which met him as he walked on the terrace & said to him — “How long do you mean to be content” — No very terrific words & certainly not prophetic of what has occurred”.

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