D.Nolleau & C.Billard à la Favela Chic

Un photogramme de Dante Nolleau pris à Paris en automne 2004.

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D.Nolleau & C.Billard à  la Favela Chic Dante Nolleau Paris

D.Nolleau & C.Billard à la Favela Chic

encore une histoire d’amour « Balance les kilojoules ! », elle me dit « on avance comme des chameaux ! ». C’était ses petites lèvres purpurines et ses grands airs de femme qui me faisaient plus peur qu’autre chose parcequ’à deux cent trente dans l’Ontario, même si on nous traquait proprement sous tous les ormes et les papouilles de leur branchages, il eût fallu Holmes au minimum pour nous rattraper. On avait avalé la dernière quinzaine en s’engraissant d’amour, et quand l’amour n’y suffisait plus on dépouillait une superette de bord de route, la braguette ouverte ; c’était la vie de troupe, le bitume et la biture et le théâtre. On cassait pas des banques, c’était comme au spectacle quand vient le moment de payer l’artiste : on avait la classe avec nos fusils mitrailleurs et on les faisait rires, les caissières ; ça, ça se paie. Un matin j’ai eu un grain dans mon espoir, tout tournait mal, je bronchais du lait par le nez. Je lui ai dit que dans ce foutu hameau où on se reniflait depuis des heures, ils finiraient par nous mettre la main dessus. Dans son sorbet à la crème, elle a pifé un filet de sang et j’ai compris que ni elle, ni moi, ni le petit que la cavale avait fatigué dans son ventre ne pouvaient aller plus loin. C’était l’amour qui crevait sous les arbres quand Holmes a sauté du maquis, des flics à la main. J’avais l’alliance dans une boîte et une boîte dans ma poche, devant la mare qui serait à jamais le tombeau de Dorothy. On n’irait jamais en taule tous les trois, que je lui avais dit, avant que ma pierre ne lui fracasse la caboche, d’amour et de fidélité.

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