Alte Donau

Un photogramme pris à Wiesn en printemps 2008.

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Alte Donau Wiesn

Alte Donau

De l’autre côté de la vallée, il y a une longue prairie et une pente douce. Le malheur qui touche la vallée ne touche pas la prairie, mais le vaste ciel bleu les relie secrètement.
J. m’avait appelé le matin précédent. Je venais à peine de me réveiller, dans une chambre copieuse d'ailleurs, avec des draps bleus et épais et les fenêtres grandes ouvertes. Dehors il pleuvait si fort que les rideaux absorbant l’eau ruisselaient sur le sol. Au téléphone, J. me dit « pourquoi voulais-tu dormir avec moi hier soir ? », mais je n’ai pas reconnu sa voix car j’étais encore ensommeillé. Elle était aussi plus gaie et moins secrète. Je démêlai qu’après une série d’épreuves, J. allait mieux, et que nous pouvions désormais discuter des égratignures du passé. Pour la rejoindre, j’ai laissé cette belle maison, et Valentina, entourée de quelques italiennes, qui jouaient fantastiquement avec des panneaux de bois.
De mon côté de la vallée, la pente de la prairie grimpe jusqu’au ciel bleu. Sur les côtés des cailloux, il y a de hauts panneaux publicitaires, figurant des paysages abstraits et radieux, qui sont les oeuvres de J. C’est pratiquement une montagne tant l’air est pur et transparent.
La voilà qui m’attend devant la voiture. Nous roulons amicalement l’un à côté de l’autre, moi sur la place du mort, elle au volant. Une seule chose déparie cette J. rêvée de celle que j’ai rencontrée : elle a les cheveux rouges. Elle porte aussi une frange. Ou plutôt deux, ce qui enflamme ma curiosité. Je passe sur la banquette arrière pour regarder cette autre frange, derrière la tête d’une fille.
Paris, 29 janvier 2008

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